semis intérieur multi-cellule en tourbe

Semis intérieur

astuces

Le semis intĂ©rieur possède l’avantage de pouvoir dĂ©marrer ses cultures hâtivement et donc de rĂ©colter plus vite et ainsi de produire plus, sur une plus longe pĂ©riode. C’est aussi une meilleure façon de contrĂ´ler les conditions de germination des graines et d’avoir un meilleur taux de succès. 

Semis intérieur : opération culturale qui consiste à semer les graines dans un endroit où les conditions climatiques comme la température, l’humidité et la lumière sont contrôlées.

Le semis intérieur en multicellules

De toutes les techniques, je trouve que le semis en multicellules est la plus Ă©prouvĂ©e et aussi la plus efficace. Ces plateaux sont des contenants en plastique divisĂ©s en cellules, et ces cellules peuvent avoir diffĂ©rentes dimensions dĂ©pendamment de ce que vos plantes ont besoin en termes d’espace, de nutriments, mais aussi du temps qu’elles doivent y rester. On appelle gĂ©nĂ©ralement les multicellules par le nombre de cellules qu’un plateau contient; plus le nombre est Ă©levĂ©, plus le volume de terreau contenu dans chaque cellule est petit (200, 128, 72, 50, 36, etc.)  Vous pouvez trouver ces plateaux dans n’importe quelle pĂ©pinière ainsi que les commander sur des sites internet de fournisseurs de matĂ©riaux agricoles. 

N.B. Partout où je suis allée, on a toujours préféré les plateaux multicellules carrés aux ronds, car la forme de ces derniers encourage plus l’entortillement en spirale des racines dans le contenant, ce qui n’est pas désiré.

Plateau multicellules
Multicellules 72 avec plateau Ă©tanche
Crédit photo: Rébecca Beaudin

Le terreau

Lorsqu’on fait son semis intĂ©rieur, il est important de bien connaĂ®tre les besoins en nutriments de nos plantes afin de bien choisir le terreau dans lequel elles germeront. Si une plante est exigeante, alors son terreau devra ĂŞtre un peu plus riche. Pour ceux qui font des potagers urbains, c’est sans doute plus facile d’acquĂ©rir du terreau Ă  semis commercial pour les plantes potagères (prĂ©fĂ©rablement pour la culture biologique). Mais si vous vous sentez l’âme aventureuse, que vous disposez des moyens ou mĂŞme que votre pĂ©pinière est en rupture de stock, l’autre option est de fabriquer son propre terreau. Cela a l’avantage qu’on peut faire nos propres proportions pour chaque ingrĂ©dient et avec la mĂ©thode du essai-erreur, on peaufine notre recette Ă  la longue pour qu’elle convienne parfaitement Ă  nos besoins. Pour les curieux, voici les proportions des 2 recettes de terreau du temps oĂą j’étudiais Ă  l’INAB. Elles fonctionnent Ă  merveille. 

Crédit photo: Rébecca Beaudin

Terreau pour les plantes non-exigeantes (1-3-2-1)
1 part de compost
3 parts de mousse de tourbe
2 parts de vermiculite
1 part de terre noire

Terreau pour les plantes exigeantes (2-3-2-1)
2 parts de compost
3 parts de mousse de tourbe
2 parts de vermiculite
1 part de terre noire

Une fois mélangé, il est important d’humidifier le terreau jusqu’à ce que, lorsqu’on en serre une poignée dans notre main, on puisse voir à peine une goutte d’eau tomber. Il faut l’entreposer dans des contenants étanches pour éviter qu’il sèche, se détériore ou se fasse contaminer.

Comment semer

Rien de plus simple! Prenez un plateau multicellules ou tout autre contenant de votre choix, prĂ©fĂ©rablement avec des trous au fond pour bien laisser l’eau s’égoutter. (Vous le mettrez ensuite dans un autre plateau ayant un fond Ă©tanche, qui va gĂ©nĂ©ralement de paire quand on les achète Ă  la pĂ©pinière.) Ensuite, vous le remplissez de terreau, puis vous le laissez retomber sur une surface plane 2 fois, pour permettre au terreau de bien se tasser. Vous en rajoutez pour combler ce qui manque et voilĂ . Il est important de bien suivre les indications sur le sachet de graines ou, si vous utilisez l’application de Tisane et Jardin pour faire votre potager, cette information vous sera dĂ©jĂ  fournie pour savoir Ă  quelle profondeur il faut semer, mais la règle gĂ©nĂ©rale c’est qu’il faut enfoncer la graine Ă  une profondeur de 3 fois son Ă©paisseur. (Attention, certaines graines doivent simplement ĂŞtre dĂ©posĂ©es Ă  la surface, car elles ont besoin de lumière pour germer. C’est le cas de la laitue et du cĂ©leri, entre autres.)

Quand semer ?

Le temps passé en multicellules

Afin de dĂ©terminer la date de semis intĂ©rieur de chaque espèce, il faut connaĂ®tre certaines de leurs caractĂ©ristiques ainsi que quelques paramètres extĂ©rieurs. Tout d’abord, chaque plante possède un temps de germination diffĂ©rent : c’est le temps entre lequel on met la graine en terre et oĂą la première pousse verte Ă©merge de cette terre. Puis, il y a la vitesse de croissance. Certaines plantes, comme les concombres, poussent très rapidement, tandis que d’autres, comme les poivrons, prennent plus de temps. C’est pourquoi on ne les sème pas au mĂŞme moment.

Le risque de gel

De plus, il faut aussi prendre en compte, selon la rĂ©gion oĂą l’on habite, les dates des derniers risques de gel. Ces dates varient selon l’indice de rusticitĂ© d’une rĂ©gion, mais aussi des micro-climats qu’il peut y avoir. Au QuĂ©bec, il y a près de 4 semaines de dĂ©calage entre MontrĂ©al et Chicoutimi. (MontrĂ©al peut donc dĂ©buter le semis intĂ©rieur un mois plus tĂ´t !) Dernièrement, si vous voulez avoir certains lĂ©gumes durant toute la saison, il est possible de faire des semis consĂ©cutifs, c’est-Ă -dire de semer Ă  l’intĂ©rieur Ă  un intervalle de temps rĂ©gulier pour que les rĂ©coltes et les transplantations soient coordonnĂ©es pour ne jamais en manquer.

Comment s’organiser ?

C’est ici que l’application de Tisane et Jardin vient Ă  notre rescousse ! En effet, il existe plusieurs mĂ©thodes pour s’organiser et planifier notre calendrier de production et de tâches, par exemple, avec des tableaux Excel. Mais cela requiert beaucoup de patience et d’acharnement… et ici, je parle d’expĂ©rience ! Alors voici ce que cette application vous propose : vous dĂ©finissez les espèces que vous voulez semer ainsi que la date du dernier risque de gel de votre rĂ©gion et le tour est jouĂ© ! Tisane et Jardin organisera toutes les tâches de semis intĂ©rieur dans votre calendrier de tâches de sorte que vous n’oublierez plus rien.

Pour ceux habitant au Québec, voici une carte de fin de gel exacte 8 fois sur 10 : carte derniers gels
Ou
Les dates par grandes villes selon le jardinier paresseux : dates derniers gels

L’irrigation

C’est un paramètre primordial pour bien réussir ses semis intérieurs. Il est important d’arroser ses plateaux d’une façon homogène pour s’assurer que les graines reçoivent les mêmes conditions. Cela évite de créer des débalancements dans la germination et la croissance. Donc, lorsque vous avez semé vos graines, il vous faut irriguer, soit avec un arrosoir ou avec un boyau ayant une pomme d’arrosage. Je ne conseille pas d’arroser à même le robinet ou le boyau sans pomme, car la puissance du jet risque de déplacer le terreau et les graines.

Ergonomie

Crédit photo: Dwight Sipler
  • Je vous suggère plutĂ´t de mettre vos plateaux sur une table ou au sol et de vous pratiquer avant Ă  arroser. Trouvez une vitesse que vous pourrez garder constante et ce, en faisant de grands mouvements allant d’un bout Ă  l’autre de la surface occupĂ©e par les plateaux. Assurez-vous bien de dĂ©passer des cĂ´tĂ©s afin que les extrĂ©mitĂ©s des plateaux reçoivent aussi la mĂŞme quantitĂ© d’eau.
  • Pour les graines nĂ©cessitant d’être dĂ©posĂ©es Ă  la surface seulement, je recommande d’utiliser un vaporisateur pour Ă©viter qu’elles se dĂ©placent trop.
  • Enfin, n’oubliez pas de regrouper vos plateaux par la taille de leurs cellules. Plus les cellules sont grosses, plus elles nĂ©cessitent d’eau.

Pour ce qui est de la quantité d’eau, elle varie dépendamment du stade des plantules.

L’irrigation Ă©tape par Ă©tape

Racines blanches de plantule
Crédit photo: Karolina Grabowska
  • Lorsque vous venez de mettre les graines en terre, arrosez abondamment. Vous devez sentir une bonne diffĂ©rence de poids lorsque vous soulevez Ă  nouveau votre plateau irriguĂ©. Il est important par contre de bien laisser les plateaux s’égoutter pour ne pas qu’il y ait une accumulation d’eau au fond. On ne veut pas noyer les graines ni crĂ©er des conditions plus propices pour l’apparition de maladies fongiques.
  • Jusqu’à la germination, il faut garder le terreau humide, mais il n’est pas nĂ©cessaire d’arroser chaque jour. Cela dĂ©pend de l’ensoleillement et de la tempĂ©rature. Enfoncez rĂ©gulièrement un doigt dedans pour avoir une meilleure idĂ©e de l’humiditĂ© ambiante.
  • Une fois la germination amorcĂ©e, on peut tranquillement rĂ©duire la frĂ©quence des arrosages. C’est important de ne pas donner trop d’eau aux plantules afin qu’elles ne deviennent pas paresseuses et qu’elles dĂ©veloppent un système racinaire plus fort. Elles seront donc moins prises au dĂ©pourvu durant des pĂ©riodes de sĂ©cheresse intense Ă  l’étĂ©. Autre truc, si la journĂ©e est nuageuse, mieux vaut arroser lĂ©gèrement, voire mĂŞme ne pas le faire.
  • La meilleure façon de savoir si les racines d’un plant sont en santĂ©, c’est de sortir la motte de sa cellule (ne le faites pas au tout dĂ©but, vous risquez de dĂ©raciner le plant tout simplement) afin de voir leur couleur. Des racines qui ne reçoivent pas trop d’eau et qui sont plus fortes seront très blanches. Si c’est le contraire, elles seront brunes. 
astuces

Pour garder l’humiditĂ© durant la germination, on peut utiliser un dĂ´me transparent (mini-serre).
Si vous n’avez que quelques cellules ou une seule plante en pot, vous pouvez rĂ©cupĂ©rer le plastique de plusieurs bouteilles pour faire ce dĂ´me.

La germination et l’éclaircissement

Une fois les plants germĂ©s, il se peut que vous ayez Ă  Ă©claircir : autrement dit, Ă  faire du mĂ©nage. Certaines plantes, comme les betteraves, produiront plusieurs plants pour une seule graine semĂ©e. Vous avez aussi peut-ĂŞtre semĂ© plusieurs graines par trou pour s’assurer d’avoir un meilleur taux de germination. Si c’est le cas, attentez que les plantules aient formĂ© leurs cotylĂ©dons ainsi que leur première vraie feuille avant de choisir celles que vous arracherez, histoire de garder celles qui semblent les plus vigoureuses. 

CotylĂ©don : C’est la première feuille qui naĂ®t sur l’axe de l’embryon d’une plante Ă  graine ; c’est une rĂ©serve nutritive avant que les vraies feuilles apparaissent et permettent la photosynthèse.

Étiolement: Une plante s’étiole si elle manque de lumière. Pour compenser ce manque, elle pousse en hauteur. Sa tige est donc anormalement longue, dĂ©colorĂ©e et frĂŞle. Pour Ă©viter ce phĂ©nomène, il suffit simplement de placer vos plateaux dans un endroit ensoleillĂ© dès le dĂ©part. 

Repiquage: Opération culturale qui consiste à transplanter les plantules dans un contenant plus grand afin qu’elles aient un espace suffisant pour leur croissance.

Le repiquage

Repiquage d’un plant de fenouil
Crédit photo: Rébecca Beaudin

Certaines plantes, comme les tomates, nécessitent d’être repiquées, c’est-à-dire qu’on transplante les plantules dans un contenant plus grand afin qu’elles aient un espace suffisant pour leur croissance. C’est une étape importante, assez facile, mais qui requiert de la délicatesse. Les plantules sont fragiles et si leurs racines sont endommagées, elles subiront plus probablement un stress. Pour bien réussir, il faut pincer le bas de la cellule pour bien faire décoller la motte et ensuite manipuler le plant par la tige. En général, vous saurez que c’est le bon temps pour repiquer si, lorsque la motte est extraite, les racines occupent assez d’espace pour qu’elle se tienne bien.

L’acclimatation

C’est une étape clef si on veut éviter que les plants subissent de trop gros stress avant la transplantation au jardin. Elle dure aux alentours d’une à deux semaines. Cela consiste à sortir les plateaux à l’extérieur durant le jour afin qu’ils s’habituent aux conditions plus rudes et à les rentrer la nuit pour les premiers jours. (Attention ! Durant les tous premiers jours, ne les sortir que quelques heures seulement, car le choc des différents éléments : vent, soleil, pluie, etc. pourrait leur être fatal si exposés trop longtemps.) Vers la fin, on peut les laisser dehors en tout temps, assurez-vous simplement qu’il n’y ait pas de risques de gel.

astuces

Si l’on veut endurcir nos plantules plus tĂ´t, il y a la possibilitĂ© d’utiliser des ventilateurs dès lors que les cotylĂ©dons sont apparus pour recrĂ©er l’effet assĂ©chant du vent dehors. Cela les rendra plus robustes et plus rĂ©sistantes Ă  la longue.

Lecture supplémentaire

Dernier semis de pissenlit

Tisane et Jardin a dĂ©jĂ  fait un article qui traite de ce sujet si vous ne trouvez pas l’information dans celui-ci. Il se penche entre autres sur comment Ă©valuer ses besoins pour la planification d’un jardin, comment magasiner ses semences intelligemment et rĂ©duire ses coĂ»ts, les avantages des semis versus des plants achetĂ©s, etc.
Article PĂ©nurie de semis

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1 rĂ©flexion sur “Semis intĂ©rieur”

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