Partir ses semis, lorsque les magasins ont peine Ă  fournir

Partir ses semis, lorsque les magasins ont peine Ă  fournir

17 mars 2021 5 Par Audray Pepin

À la fin de l’hiver, pour ceux qui font des semis intĂ©rieurs, c’est le temps de penser Ă  notre jardin! Chaque annĂ©e, on est de plus en plus nombreux Ă  magasiner nos semences et Ă  faire nos plans de jardin. Et souvent l’offre ne fournit pas Ă  la demande. Ce petit article rassemble mes astuces et mes adresses, les petits rappels pour que ce moment soit joyeux et crĂ©atif. Dans tous les grands projets, je pense que le chemin doit ĂȘtre un avant-goĂ»t de la destination.

Dans cet article, je compte vous donner des solutions pour quand les approvisionnements en terre Ă  semis, contenants pour les semis, ou les semis eux-mĂȘme viennent Ă  manquer; les bons gestes pour Ă©viter d’acheter plus que nĂ©cessaire; et diffĂ©rentes adresses oĂč l’on peut commander en ligne.

Évitez les dĂ©penses inutiles

Si vous ĂȘtes amoureux des plantes comme moi, commencer votre quĂȘte par feuilleter des revues ou des sites internet de grainetiers est une belle façon de faire des trouvailles et de dĂ©passer Ă  la fois votre budget et l’espace disponible au jardin! C’est le mĂȘme principe que d’aller Ă  l’Ă©picerie avec une liste complĂšte en comparaison Ă  se rendre Ă  l’heure du souper avec pour seul guide la faim dans le ventre. PrĂ©parez-vous avant d’ouvrir les offres des grainetiers!

Avant d’acheter vos semis, Ă©valuez vos besoins

Vous voulez des lĂ©gumes, des plantes mĂ©dicinales? C’est chouette, mais rappelez-vous que certaines plantes comme les tomates et les poivrons seront toutes prĂȘtes Ă  la mĂȘme pĂ©riode (celle oĂč elles seront les moins chĂšres en magasin). Donc mĂȘme si vous adorez les tomates, vous ne pourrez manger 10 livres de tomates par semaine pendant un mois. Bien sĂ»r on peut faire des transformations: conserves, sĂ©chage et congĂ©lation, mais ceci prend du temps… il faut avoir la passion! Évidemment, je ne dis pas de ne pas planter de tomates. Les tomates de jardin sont merveilleuses! Mais soyez au clair avec le nombre de plants dont vous avez besoin, en lien avec votre capacitĂ© de transformation.

C’est la mĂȘme chose pour une plante mĂ©dicinale: une tisane prend gĂ©nĂ©ralement 2 g de plante… Donc un kilo de plantes sĂ©chĂ©es, c’est beaucoup d’ouvrage et il est peu probable que vous consommiez 2 tisanes par jour de chaque plante. Gardez-vous de la place pour la diversitĂ©!

Parlant d’espace, rien n’est mieux que d’avoir un plan de jardin pour Ă©viter de trop acheter. À ce sujet, je me permet de vous renvoyer vers la critique du livre Les plates-bandes gourmandes, qui vous donne des plans tout faits pour des plates-bandes Ă  la fois ornementales et comestibles.

astuces

Acheter des graines ou des plantes en pots?

Les avantages des semis

Économie de volume: si vous voulez planter plusieurs plants, le sachet de graines est beaucoup plus Ă©conomique.

Choix des variĂ©tĂ©s et confort du magasinage Ă  la maison: les graines se magasinent souvent sur internet… j’ai mes grainetiers prĂ©fĂ©rĂ©s (des grainetiers locaux dont les fiches graines sont trĂšs dĂ©taillĂ©es) et je compare les variĂ©tĂ©s disponibles, je vĂ©rifie le total de la facture. c’est confortable. Bien qu’il soit possible d’acheter des plants en ligne… c’est une opĂ©ration encore assez risquĂ©e, et jusqu’Ă  prĂ©sent pour moi assez dĂ©cevante.

Sentiment d’appartenance: partir les plantes Ă  partir des graines crĂ©e un attachement. Toute personne qui a dĂ» jeter des plantules en trop pourra vous le confirmer.

CritÚre non décisif (à égalité plante vs semis)

QualitĂ© du plant Ă  transplanter. Lorsqu’on fait nos semis, on a la possibilitĂ© de mettre des ventilateurs, des lumiĂšres, de contrĂŽler la tempĂ©rature pour favoriser la germination. Tous ces gestes ne sont pas obligatoires mais contribuent Ă  produire des plantes robustes et compactes. Si vous n’avez pas de bonnes conditions Ă  donner Ă  vos plantules, celles-ci pourraient ĂȘtre de moins bonne qualitĂ© que celles des pĂ©piniĂ©ristes.

Cela dit, celles des pĂ©piniĂ©ristes peuvent parfois aussi avoir leurs dĂ©fauts. Parfois, les plantes sont dans des contenants trop petits, trop longtemps. De plus, souvent les plants ont reçu des engrais, ce qui peut avoir rendu leur racines paresseuses et l’adaptation au jardin plus difficile. Il n’y a ici pas de gagnant.

Avantage des plants

Acheter les plants nous Ă©vite le travail des semis.

De plus, si vous prĂ©fĂ©rez 1 plant de plusieurs variĂ©tĂ©s, le prix du plant sera approximativement le mĂȘme que celui du sachet de graines. C’est vrai pour la plupart des fines herbes et des plantes potagĂšres qui se vendent en petit format. Avoir plusieurs variĂ©tĂ©s de tomates ou de poivrons peut Ă©tirer la saison et donner la chance de manger un maximum de lĂ©gumes sans avoir Ă  les transformer.

Plus de temps pour savoir ce que vous voulez: au QuĂ©bec, les semis se magasinent entre janvier et avril, alors qu’on commence Ă  transplanter au jardin au dĂ©but juin.

Choisir en magasin ses plantes: lorsqu’on plante une graine, on ne connait pas la gĂ©nĂ©tique de celle-ci. Lorsqu’on se rend en magasin, on peut inspecter et choisir ses plants individuellement. En magasin spĂ©cialisĂ©, il y aura probablement des experts pour nous aider dans nos questionnements.

Pour ceux qui reconduisent un projet de jardin

Avant d’acheter de nouvelles graines, faites l’inventaire de vos graines en fonction de leur capacitĂ© germinative. La capacitĂ© germinative, c’est la durĂ©e pour laquelle la graine sera capable de germer si elle a Ă©tĂ© bien entreposĂ©e. On peut trouver ce type d’information sur internet; vous la trouverez Ă©galement dans les fiches plantes de la base de donnĂ©es de tisane et jardin. C’est bien sĂ»r une moyenne et non une garantie. Si vous ĂȘtes assez d’avance, le mieux est de faire un test de germination.

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Faire des tests de germination

La meilleure façon de savoir exactement la capacité germinative de vos semis des années antérieures

Si vous ĂȘtes comme moi et aimez la variĂ©tĂ©, vous avez sans doute plein de vieux sachets de semis dĂ©jĂ  entamĂ©s. Mais sont-ils encore bons? Est-ce que les graines qu’ils contiennent vont germer? Si vous connaissez l’Ăąge des graines (l’information n’est malheureusement pas systĂ©matiquement inscrite sur les sachets), vous pouvez chercher sur internet, par exemple dans la base de donnĂ©es tisane et jardin, pour trouver la capacitĂ© germinative. Sinon, vous pouvez faire des tests de germination. C’est trĂšs facile mais il faut se prendre Ă  l’avance.

Test de germination

Mettez 10 graines dans un essuie-tout humidifiĂ© (par exemple avec un vaporisateur). Fermez de façon hermĂ©tique (sac plastique, pilulier, pellicule plastique) afin d’en conserver l’humiditĂ©. VĂ©rifiez Ă  chaque semaine si la germination a eu lieu; si seulement 5 des 10 graines germent… vous pouvez conserver vos graines mais vous savez que vous devrez en planter au moins 2 fois plus que nĂ©cessaire. Avec un taux de germination aussi faible, il est probable que ce soit la derniĂšre annĂ©e pour utiliser ces graines.

Note: si les graines ont besoin de traitements spĂ©ciaux (trempage, stratification), ceux-ci doivent ĂȘtre faits avant le test.

Résultat : 8 graines sur 9 ont germé, donc 88%

Le partage, la voie de l’abondance

Pour ma part j’adore la variĂ©tĂ©. Optimalement, je n’aurais pas 2 plants pareils. Je suis trĂšs loin de la monoculture, par contre je me retrouve avec des dizaines (voir une petite centaine) de sachets de graines dont je ne prend qu’une petite proportion. Se partager les semences, c’est partager l’abondance, un geste hautement symbolique qui existe depuis la sĂ©dentarisation de l’humanitĂ©. Notez que l’Ă©change de graines entre voisins est illĂ©gal dans certains pays dont la France. Mais avec les enjeux de biodiversitĂ©, ces lois ont de moins en moins de sens.

Finalement, y a-t-il au jardin des vivaces qui ont besoin d’ĂȘtre divisĂ©es? Y a-t-il des partages de plantes que vous pouvez organiser avec vos voisins et amis jardiniers?

Les sites spĂ©cialisĂ©s pour l’Ă©change de semis et de plantes entre particuliers

Les grainothĂšques

Le principe est similaire Ă  celui des bibliothĂšques, d’ailleurs elles sont souvent gĂ©rĂ©es par celles-ci. En gros, on emprunte des graines au printemps et on s’engage Ă  redonner des graines Ă  l’automne. C’est facile et ludique, par contre il y a souvent des limites de sachets par personne et il n’y a pas de garantie sur l’exactitude des semis ni la fertilitĂ© de ceux-ci:

Les voisins et les amis

Ceci est ma mĂ©thode par excellence… Par une belle fin de semaine de printemps, je divise quelques vivaces qui sont devenues trop grandes et rĂ©colte les plantules en trop de mes semis intĂ©rieurs, puis je cogne aux portes de mes voisins pour les leur offrir. C’est facile, rapide, ça me permet de rencontrer mes voisins et c’est Ă©tonnant de voir que sans aucune sollicitation, il y a toujours plein d’offres de partage spontanĂ©es. C’est trĂšs impulsif et il n’y a aucune garantie, aucune attente, mais cette expĂ©rience est pour moi toujours teintĂ©e d’une grande joie.

J’ai aussi quelques amis qui ont comme moi beaucoup de sachets de graines. On se rencontre avec notre rĂ©serve et en 1 heure on s’Ă©change plusieurs variĂ©tĂ©s de graines… Je crois Ă©pargner environ 100$ avec cet Ă©change. En prime, le plaisir de se revoir et de placotter jardinage, avec des amies passionnĂ©es que je vois trop rarement! Bon, avec la pandĂ©mie il a fallu s’adapter, faire notre rencontre sur vidĂ©oconfĂ©rence et s’Ă©changer les graines sur le balcon… Mais c’est encore trĂšs agrĂ©able.

Quel est le meilleur moment pour magasiner vos semis?

Il y a les semis d’automne, qui sont utiles avec certaines plantes mĂ©dicinales vivaces et sauvages (ces plantes ont des germinations difficiles qui demandent de recrĂ©er des cycles de gel et de dĂ©gel); il est souvent plus simple de laisser la nature faire ses cycles en semant les graines Ă  l’automne. On commande ces graines en septembre pour les semer avant les gelĂ©es. Il y a aussi l’ail dont les caĂŻeux sont mis en vente vers septembre et sont trĂšs difficiles Ă  trouver chez les grainetiers au printemps mais (si vous ĂȘtes indiffĂ©rent Ă  la variĂ©tĂ©) vous pouvez toujours acheter de l’ail bio (si possible local) Ă  l’Ă©picerie pour en planter les caĂŻeux.

Pour les autres graines, on Ă©vite de les commander avant janvier (on dit qu’il y a un risque de recevoir des graines de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente – j’avoue ne pas pouvoir confirmer ou infirmer cette rumeur). Si on cherche des espĂšces rares, il ne faut pas trop tarder: certaines semences sont difficiles Ă  trouver Ă  partir de la fin fĂ©vrier. Si on cherche les classiques (tomate, concombre, tournesol, calendule) sans trop avoir de prĂ©fĂ©rence sur la variĂ©tĂ©, ces semences sont offertes par plusieurs grainetiers et peuvent ĂȘtre achetĂ©es plus tard, selon la date des semis.

Personnellement voici mon calendrier
(en fonction de ma date de dernier risque de gel Ă  la 3e semaine de mai):

Janvier: inventaire, plan de jardin et tests de germination;
FĂ©vrier: achat de 80% de mes besoins en graines;
Mars: opportunitĂ©s d’Ă©changes pour trouver les graines manquantes;
Juin: achat de plantes en pots (celles planifiĂ©es, et pour les semis qui n’ont pas fonctionnĂ©).

Les bons grainetiers

Voici les adresses qui m’ont bien servie:

  • VertesantĂ©: spĂ©cialisĂ©e dans les produits et semences d’herboristerie. Je suis tombĂ©e sous le charme des coffrets (5 Ă  25 sachets) de graines pour se partir un jardin d’herboriste. Seul bĂ©mol: on commande par courriel;
  • ÉcoumĂšne: semences paysannes de grande qualitĂ©, j’adore leur fiches graines trĂšs dĂ©taillĂ©es. J’aime leur collection. SĂ©lection de graines sur des thĂ©matiques. Ils vendent Ă©galement des produits horticoles;
  • Semences du Portage: semences paysannes de grande qualitĂ©. En prime, ils donnent souvent un sachet de graines Ă  l’achat, ce qui permet au hasard de faire faire des trouvailles. Ils ont un peu de tout, mais seulement quelques variĂ©tĂ©s par plante. Ils vendent Ă©galement des produits horticoles;
  • Richters: excellent choix (plantes mĂ©dicinales et potagĂšres), possibilitĂ© d’acheter des plantes et des plantules et des graines. Le bĂ©mol: tout est en anglais et la production en Ontario n’est pas tout Ă  fait locale;
  • Mycoflor: semences paysannes de grande qualitĂ©. Excellent choix (Ă©galement pour les graines mĂ©dicinales!). Que des semences traditionnelles. Un bĂ©mol: il n’est pas possible de chercher dans leur catalogue par mots-clĂ©s;
  • Le jardin des vie-la-joie: nouveaux grainetiers dans le portrait. GrĂące Ă  leur collaboration avec des partenaires, ils offrent une belle variĂ©tĂ© de graines incluant les arbres, arbustes, plantes potagĂšres et fleurs comestibles et mĂ©dicinales. Leur site est moderne et rapide;
  • Semencier: choix impressionnant, fiches graines trĂšs complĂštes, site rapide et convivial. Information sur l’origine des graines. Par contre, ils semblent davantage ĂȘtre marchands de graines que producteurs.

Cela dit, il y a beaucoup plus de grainetiers… Je vous invite Ă  complĂ©ter ma liste avec celle du jardinier paresseux.

PĂ©nurie de terre Ă  semis

Depuis deux ans, on observe dans les magasins Ă  grande surface et les pĂ©piniĂšres des difficultĂ©s d’approvisionnement de terre Ă  semis. Je crois que cette pĂ©nurie est due au nombre grandissant de jardiniers amateurs, car Ă  cĂŽtĂ© de l’Ă©talage vide de terre Ă  semis on trouve souvent tous les composants de ces mĂ©langes qui attendent sagement d’ĂȘtre achetĂ©s.

D’abord, est-ce nĂ©cessaire d’acheter de la terre Ă  semis? Pourquoi ne pas utiliser de la bonne terre de son jardin? On utilise la terre Ă  semis parce qu’elle est stĂ©rilisĂ©e et qu’elle retient un bon taux d’humiditĂ©. Les plantules n’offrent pas beaucoup de rĂ©sistance aux micro-organismes. Une terre aseptisĂ©e est de loin prĂ©fĂ©rable pour leurs premiers jours. Je recommande donc chaudement de le faire, surtout si vous semez des plantes Ă  germination lente et/ou des plantes sensibles Ă  la fonte des semis. Les annuelles potagĂšres sont gĂ©nĂ©ralement moins critiques: si vous les plantez dans des pots sĂ©parĂ©s et acceptez un pourcentage de perte, vous pouvez vous en passer, mais c’est tellement dĂ©cevant de perdre ses semis que personnellement, je prends toujours un terreau stĂ©rilisĂ© pour les miens.

Notez qu’une terre Ă  semis dont le sac a Ă©tĂ© ouvert l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente et qui a passĂ© toute l’annĂ©e dans le cabanon n’est plus stĂ©rile.

Illustration semence de blé et son albumen
Illustration semence de blé et son albumen

Saviez-vous?

Les graines ont leur propre réserve de nutriments

La plupart des graines ont des rĂ©serves pour permettre la germination et la formation des cotylĂ©dons. On appelle cette rĂ©serve l’albumen (exceptionnellement, il n’y a pas d’albumen et la rĂ©serve est dans le pĂ©risperme). La graine et le bĂ©bĂ© plantule n’ont donc pas ou peu besoin de puiser dans la terre les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  leur croissance.

Il en va autrement lorsque la plante commence Ă  former ses vraies feuilles. C’est pourquoi le terreau Ă  croissance, utilisĂ© aprĂšs le repiquage, doit ĂȘtre plus nutritif (mais sans excĂšs, sans quoi on pourrait rendre paresseuses les racines qui auront plus tard Ă  gĂ©rer les alĂ©as d’un jardin extĂ©rieur).

Faire son propre terreau

Formulation de terreau Ă  semis

  • 30 Ă  50% de terre Ă  jardin ou de compost mĂ»r stĂ©rilisĂ©
  • 20 Ă  60% de vermiculite ou de perlite (afin de retenir l’humiditĂ©)
  • 10 Ă  50% de sable stĂ©rilisĂ© (pour favoriser le drainage)

Formulation de terreau Ă  repiquage / croissance

  • 50 Ă  60% de terre Ă  jardin ou de compost mĂ»r stĂ©rilisĂ©
  • 30 Ă  40% de vermiculite ou de perlite (afin de retenir l’humiditĂ©)
  • 10% de sable stĂ©rilisĂ© (pour favoriser le drainage)
  • Optionnel: ajouter 1% de chaux, 1% de silice et 1% d’algue marine

Mettre sa terre Ă  jardin au four

Cette vielle technique de nos grands-parents n’est plus optimale. PremiĂšrement, elle produit une odeur dĂ©sagrĂ©able dans la maison; deuxiĂšmement, elle ne fournit pas une stĂ©rilisation de bonne qualitĂ©. C’est une solution de dernier recours, mais c’est tout de mĂȘme mieux qu’aucune stĂ©rilisation.

Les bons plans récup pour les contenants à semis

La rĂ©utilisation des contenants Ă  semis est un must. Cependant, comme nous l’avons vu les plantules sont fragiles aux micro-organimes, il est donc important de nettoyer ses contenants avant de les rĂ©utiliser. Ma mĂ©thode: je les fais tremper dans le bain avec de l’eau chaude et un litre de vinaigre pendant 2 heures, puis j’ajoute du savon et je frotte lĂ  oĂč c’est nĂ©cessaire.

Bien sur, il est possible de rĂ©cupĂ©rer des contenants de lait ou de yaourt, Ă  condition de percer le fond et de mettre un autre contenant dessous pour rĂ©cupĂ©rer l’eau drainĂ©e. Personnellement, je trouve assez difficiles Ă  gĂ©rer ces contenants aux formats disparates. Je me limite donc souvent Ă  deux formats (petits et moyens, comme le 1 et 2 litres de lait). Je peux lors de la transplantation dĂ©couper le contenant pour dĂ©ranger le moins possibles mes plants.

Il y a aussi un outils appelĂ© PotMaker pour faire ses pots en papier journal. Normalement, l’encre des journaux ne contient plus de plomb et n’est donc pas dommageable pour la culture, mĂȘme bilologique. Le prix est raisonnable et la fabrication est rapide. Les pots formĂ©s sont assez solides. Par contre, je trouve le format un peu petit. Quand aux contenants d’Ɠufs, ils sont dĂ©finitivement Ă  proscrire car trop petits.

On peut aussi demander Ă  la poissonnerie de son Ă©picerie les contenants oĂč ils reçoivent leurs poissons (en styromousse, gros format). Ils sont gĂ©nĂ©ralement heureux de les donner. Ceux-ci sont larges et profonds et on peut mettre du gravier dans le 1er cm pour aider au drainage. C’est excellent pour les semis comme les oignons et les Ă©chalottes que l’on veut dĂ©marrer Ă  l’intĂ©rieur. Le hic: ces contenants prennent beaucoup de place donc Ă  la fin du printemps je les jette. J’ai donc quand mĂȘme offert une seconde vie de courte durĂ©e Ă  ces contenants peu Ă©cologiques.

Si vous voulez plus d’idĂ©es de rĂ©cupĂ©ration, je vous suggĂšre cet article du jardiner paresseux .

Se passer de contenants individuels pour les semis

L’option la plus Ă©colo est certainement la non utilisation de contenants individuels.

Il y a un outil appelĂ© presse-motte et qui permet de presser la terre en petits cubes qu’on peut mettre les uns Ă  cĂŽtĂ© des autres. À l’essai, je n’ai pas Ă©tĂ© emballĂ©e par l’outil: les racines finissaient par s’entremĂȘler d’une motte Ă  l’autre. De plus, pour travailler avec un presse-motte il faut bien doser l’arrosage. L’Ă©vaporation des mottes se produit plus rapidement qu’en godet et le surplus d’eau favorise la destruction des mottes. Mais si je faisais une grosse production d’une mĂȘme plante et que je m’assurais de ne pas partir mes semis trop tĂŽt, je pense que ça pourrait ĂȘtre une bonne solution malgrĂ© le coĂ»t d’achat (environ 60$ – presse 4 mottes). Alternativement, voyez la mĂ©thode presse-motte sans outillage qui est aussi rapide, plus Ă©conomique et trĂšs facilement rĂ©alisable avec des barquettes rĂ©cupĂ©rĂ©es.

Barquettes bio-dégradables

Certaines plantes, par exemple toutes celles avec une racine pivotante, ont des racines sensibles Ă  la transplantation. Pour ces plantes (pavot, amarante, ricin, zinnia, etc.), on conseille souvent de faire des semis directs (comme dans le cas de la carotte). Mais si vous voulez, ou avez besoin d’Ă©tirer la saison avec des semis intĂ©rieurs, utilisez des pots qui pourront s’enterrer et nourrir les racines en se dĂ©composant.

J’ai une grande rĂ©serve pour les pastilles de tourbe, Ă  cause de leur enveloppe de plastique et de la qualitĂ© et densitĂ© du terreau Ă  semis. Quant aux pots de tourbe, je suis ambivalente. Parfois ils fonctionnent super bien et on voit les racines dĂ©border du pot lors du transplant, mais d’autres fois, j’ai observĂ© que les racines prĂ©fĂ©raient se compacter Ă  l’intĂ©rieur plutĂŽt que de le transpercer. En matiĂšre de barquettes bio-dĂ©gradables, mes favorites sont les Cowpots (faites de fumier de vache sans odeur). Comme elles nourrissent les racines, celles-ci veulent naturellement les transpercer. Leur dĂ©faut: elles sont plus difficiles Ă  trouver et tout de mĂȘme dispendieuses.

En vous souhaitant de beaux semis

Personnellement, j’adore cette pĂ©riode oĂč je visualise mon jardin Ă  venir, oĂč je dorlote mes nouveaux bĂ©bĂ©s… Bien sur, certains semis sont plus difficiles que d’autres Ă  germer; parfois ils germent trop bien et j’ai la difficile tĂąche de jeter des bĂ©bĂ©s Ă  l’aube de leur vie. Comme je n’ai pas de serre, la pĂ©riode des semis gĂ©nĂšre un peu plus de terre et de poussiĂšre chez moi. MalgrĂ© tout, chaque annĂ©e j’attend avec fĂ©brilitĂ© cette pĂ©riode tellement riche, tellement pleine de vie et d’espoir.

Il est vrai qu’avec le calendrier et les particularitĂ©s de chaque plante, on peut rapidement se sentir dĂ©passĂ©. Plus vous avez de semis, plus il est difficile de se rappeler de tout. Mais aussi la nature est souvent plus flexible que les instructions. Observez, soyez flexible et tolĂ©rant: si certaines plantes ne performent pas selon vos attentes, d’autres les dĂ©passeront.

Une solution pour allĂ©ger la gestion des semis, c’est de laisser l’application tisane et jardin vous guider Ă©tape par Ă©tape au bon moment, en fonction de vos plantes et de votre rĂ©gion, et en vous donnant pour chaque Ă©tape seulement les informations complĂštes reliĂ©es Ă  cette tĂąche. Je vous laisse en vous souhaitant beaucoup de succĂšs et de plĂ©nitude dans cette pĂ©riode extraordinaire de l’annĂ©e.

Exemple de tùche définie par tisane et jardin pour mon semis de capucine à partir de la mi-mars.
Exemple de tùche pour la capucine grimpante définie par tisane et jardin pour mon semis de capucine à partir de la mi-mars.

Crédit photo

Page titre : jplenio
Test de germination: Audray Pepin
Illustration du grain de blé: Jkwchui, Jon C
Carte tùche semi-intérieur: tisane-et-jardin

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