Choisir ses plantes et créer la base d'une formule thérapeutique sur mesure

Choisir ses plantes et créer la base d’une formule thérapeutique sur mesure

On retrouve dans plusieurs publications des indications sur les usages d’une herbe contre une problématique donnée, et même des recettes « préfabriquées » avec des mélanges d’herbes. Mais comment aller chercher le niveau supplémentaire où vous développez votre propre formule thérapeutique selon vos problématiques, les effets désirés et autres spécificités recherchées, et les plantes dont vous disposez? Si faire une formule sur mesure vous intéresse, cet article est pour vous.

La méthodologie proposée n’est pas nouvelle, je crois que la première version de celle-ci a été offerte par Bone, K. et Mills, H. #ref:145#. J’ai vu cette méthodologie reprise avec quelques adaptations par plusieurs herboristes, dont la renommée Aviva Romm #ref:122#. Je vous offre ici ma version, adaptée aux outils modernes pour des recherches plus complètes et plus rapides.

Voici les étapes pour une formulation sur mesure:

  1. Identifier les propriétés recherchées
  2. Établir les priorités
  3. Identifier les herbes potentiellement utiles en fonction de leurs propriétés
  4. Sélectionner les herbes de la formule
  5. Définir la forme et le dosage et ajuster les dosages

Identifier les propriétés recherchées pour votre formule thérapeutique

Il y a plusieurs angles qu’il est possible d’explorer pour trouver toutes les propriétés recherchées. Je détaille ici celles que je considère comme les plus utiles. À mon avis, on a avantage à utiliser un maximum de méthodes afin de regarder la problématique sous tous ses aspects et ainsi ne rien oublier.

S’il existe un diagnostic, recherchez les propriétés de plantes en lien avec la problématique

Certaines problématiques ont des causes connues, et les propriétés pour les traiter se retrouvent dans les ouvrages d’herboristerie. Tisane et jardin offre des « cartes problématiques » pour chaque propriété du lexique. On peut donc trouver les problématiques traitées par une propriété, mais aussi les autres propriétés généralement utiles. Comprendre l’action d’une plante sur la problématique permet d’adapter les plantes à ses besoins spécifiques. Cela donne aussi plus de latitude pour remplacer une plante qu’on n’a pas en inventaire par une autre qui possède la ou les même(s) propriété(s).

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Utilisez la plateforme pour trouver les propriétés utiles en lien avec une problématique

Tisane et jardin offre de nombreuses cartes problématiques; il suffit d’inscrire la problématique dans le champ de recherche offert dans la section article. Vous pouvez également utiliser l’outil de recherche d’articles pour identifier les articles qui parlent d’une problématique.

Exemple de carte problématique: on y retrouve les propriétés utiles ainsi que quelques bonnes plantes ayant ces propriétés

Chercher les causes perçues

Le corps étant d’une incroyable complexité, il est important de ne pas se limiter aux premières causes qui pourraient n’être que des symptômes de causes plus importantes. Il ne faut pas pour autant les ignorer. Essayer d’identifier un maximum de symptômes avec leurs liens de cause à effet est souvent très utile.

Voici un exemple:

Une personne vit un stress de longue durée. Ce stress cause de l’insomnie qui, elle, abaisse l’énergie de la personne et réduit l’activité du système immunitaire, ce qui l’a rendue fragile à une infection virale ayant forcé les poumons à augmenter et densifier le mucus qui provoque la toux. #ref:145#

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Parfois, plusieurs symptômes ont une cause unique.

Par exemple, un débalancement de la glande thyroïde peut entraîner un ou plusieurs des symptômes suivants:

  • Fatigue chronique
  • Prise de poids
  • Sensibilité au froid
  • Rythme cardiaque anormalement lent
  • Peau sèche
  • Dépression
  • Trouble de la mémoire
  • Haut taux de cholestérol
  • Crampes musculaires
  • Constipation, ballonnement ou même diarrhée…

On peut bien agir sur les symptômes, par exemple mettre de la crème sur la peau sèche, mais tant que la thyroïde, par son débalancement, assèche la peau, le soulagement sera temporaire. Naturellement, associer des causes aussi différentes à un problème de thyroïde n’est pas facile (d’où l’importance d’un bon diagnostic et de l’avis d’un médecin), mais très utile pour définir un traitement efficace. Une fois la cause identifiée, il suffit alors de contrôler la glande pour régler tous les problèmes, mais on peut aussi creuser le problème en se demandant ce qui cause ce dérèglement de la glande et ainsi définir les causes de prédisposition et réduire la probabilité de récurrence.

Types de causes

On distingue dans l’exemple de l’encadré bleu les types de causes suivantes :

  • Causes de « prédisposition »: stress, alimentation, faible immunité. Ici, les solutions à long terme demandent souvent un changement de style de vie
  • Causes « excitatrices »: infection virale, accident, bref un évènement qui a concrétisé la problématique
  • Causes de « maintien » de la condition: le mucus, la toux (qui peux empêcher le sommeil)

Naturellement, parmi les causes, certaines sont traitables avec des herbes et d’autres, non. Par exemple, l’hérédité, un trauma émotionnel, l’âge ou le style de vie sont toutes de vraies causes, pour lesquelles il faut chercher d’autres outils que les herbes. Parfois, il faut aussi accepter de vivre avec.

S’assurer d’identifier un maximum de causes

L’établissement des causes est la pierre angulaire du traitement à choisir. C’est pourquoi on veut prendre le temps de s’assurer qu’on n’en a pas oublié. Ne vous perdez pas dans la sémantique: il n’est pas important d’identifier le type de cause, ou même si c’est un symptôme ou une cause… Les types de causes sont donnés ici pour vous aider à identifier tous les aspects sur lesquels vous voulez voir des améliorations.

La spécificité de la personne à qui la formule thérapeutique s’adresse

Parfois, une même problématique peut entraîner des stratégies très différentes selon le contexte; prenez le temps de vérifier ces aspects pour savoir si ceux-ci peuvent influencer la solution ou le problème.

  • Historique de la maladie
  • Environnement de la personne
  • Style de vie
  • Condition actuelle du patient
  • Existence d’autres problématiques sérieuses (présentes ou passées)
  • Médication actuelle

Est-ce que l’approche de la formule est équilibrée entre soutien et compensation?

Approche physiologique de soutien

Puisque vous lisez ce blog, vous recherchez probablement des traitements herbalistiques pour leur bonne réputation à traiter les problèmes de santé en tonifiant l’organisme et les systèmes affectés (ce qu’on appelle approche physiologique de soutien). Par exemple, en cas de symptômes grippaux (fièvre, fatigue, maux de tête), on va soutenir la fièvre, encourager le repos, stimuler le système immunitaire. Ce sont des pratiques qui prennent plus de temps à agir que de simplement prendre des pilules pour arrêter la douleur et la fièvre, et des antibiotiques pour tuer les envahisseurs à la place du système immunitaire, mis au repos avec ces symptômes déplaisants.

C’est un exemple assez caricatural, mais qui exprime bien le besoin de gros bon sens… N’attendez pas de perdre conscience pour arrêter de soutenir la fièvre et consulter un médecin.

Les stratégies employées par cette approche (liste non exhaustive)
  • Amélioration de la nutrition et des habitudes de vie
  • Détoxification (usage de plantes dépuratives, hépatiques)
  • Élimination (plantes diurétiques, diaphorétiques, lymphatiques, laxatives, expectorantes)
  • Augmentation de la vitalité (usage de toniques généraux, spécifiques ou encore d’adaptogènes ou immunostimulants)

Traitement physiologique de compensation

La première approche peut souvent être complétée par certains traitements physiologiques de compensation. C’est-à-dire que l’on va utiliser les plantes pour réduire des symptômes ou encore alléger la tâche de certains organes. D’ailleurs, dans la pharmacopée naturelle, il y a aussi plusieurs plantes analgésiques, antibactériennes, antivirales ou anti-inflammatoires (la liste des propriétés anti quelque chose est longue). Cette stratégie est utile, voire nécessaire dans les cas suivants:

  • Une fonction est surstimulée ou encore déficiente
  • Les pathologies nous entraînent dans un cercle vicieux que l’on veut stopper ou ralentir
CauseType de causeSystèmePropriétéApproche
StressPrédispositionNerveuxAdaptogèneSoutien
InsomniePrédispositionNerveuxSédatifCompensation
Baisse d'énergiePrédispositionToniqueSoutien
AdaptogèneSoutien
Système immunitaire dépriméPrédispositionImmunitaireImmunostimulantSoutien
Infection viraleExcitatriceImmunitaireAntiviralCompensation
MucusMaintienRespiratoireAnticatarrhalCompensation
MucolytiqueCompensation
TouxMaintienRespiratoirePectoralSoutien
ExpectorantSoutien
Béchique
(antitussive)
Compensation

Établissement des priorités de votre formule thérapeutique

Une fois qu’on a un bon portrait des causes traitables, il ne nous reste plus qu’à définir une stratégie et établir les priorités.

Stratégies possibles

Il peut y avoir plusieurs stratégies possibles. On pourrait vouloir en premier traiter les causes de prédisposition, en espérant qu’une fois celles-ci retirées, le corps trouvera lui-même sa capacité à vaincre les causes excitatrices et celles de maintien de la condition.

Personnellement, j’essaie dans un premier temps de briser les cercles vicieux. Si la personne souffre, j’essaie de lui donner un peu de répit afin qu’elle ait plus confiance au pouvoir thérapeutique des solutions proposées. Surtout si les causes de prédispositions sont de longue date: souvent, les solutions mettront alors plus de temps à manifester de l’amélioration.

Est-il nécessaire de prioriser?

S’il n’est pas toujours nécessaire de prioriser, c’est néanmoins souvent recommandé. Prioriser les actions nous permet de concentrer nos efforts, d’avoir des points de repère pour un travail à long terme et surtout, de faire des formulations avec un nombre raisonnable de plantes.

Lorsqu’on opte pour une stratégie en plus d’une étape, cela nous permet de refaire le point, ré-évaluer, prioriser et adapter la stratégie entre chaque étape. Quelles causes sont toujours présentes? Est-ce que les plantes et les dosages ont été efficaces? Comment se sent la personne qui consomme les plantes? Parfois, lorsqu’on traite les problèmes prioritaires, ceux-ci règlent également des problèmes secondaires. D’autre fois, les améliorations font ressortir de nouvelles problématiques. Faire les choses par étapes est idéal lorsqu’il y a beaucoup de causes qui ne semblent pas rattachées entre elles.

Donc, on fait simplement une liste des causes par ordre de priorité et on liste, pour les plus importantes, les propriétés de plantes qui peuvent aider ainsi que les systèmes à soutenir.

Dans notre cas (l’encadré bleu) toutes les causes sont reliées, mais j’ai tout de même distingué les propriétés prioritaires des autres.

PropriétéPriorité
AdaptogèneNon-prioritaire
SédatifNon-prioritaire
Tonique généralNon-prioritaire
AdaptogèneNon-prioritaire
Immunostimulantprioritaire
AntiviralPrioritaire
Anticatarrhalprioritaire
Mucolytiqueprioritaire
Pectoralprioritaire
Expectorantprioritaire
Béchique (antitussif)prioritaire

Identifier les herbes potentiellement utiles en fonction de leurs propriétés

Les plantes idéales sont celles qui possèdent un maximum de propriétés recherchées.

Ici, les fiches plantes et la plateforme tisane et jardin sont vraiment utiles pour associer les plantes à plusieurs propriétés. Il vous suffit de créer un filtre avec toutes les propriétés recherchées pour que tisane et jardin vous nomme toutes les plantes qui possèdent au moins l’une de ces propriétés, en commençant par les plantes qui en possèdent le plus.

Florie astuces

Utilisez les filtres dans les fiches plantes de tisane et jardin pour rechercher les meilleures plantes en fonction des propriétés recherchées

Vous pouvez chercher parmi les utilisations et les propriétés médicinales. Tisane et jardin vous donnera une liste des plantes adaptées, en ordre selon la pertinence des critères recherchés. Ici par exemple, j’ai placé les 10 propriétés recherchées de l’exemple.

Une fois les plantes filtrées, allez voir la fiche complète et sélectionnez l’onglet « Utilisation » pour connaître les dosages, les précautions, les systèmes de prédilection et voir s’il y a des notes en lien avec les diverses propriétés.

Voir la fiche plante du thym (Thymus spp.)

Plus vous ajouterez de propriétés, et plus tisane et jardin proposera de plantes, puisqu’elle identifie toutes les plantes qui possèdent au moins l’une de ces propriétés. Dans notre exemple avec 10 propriétés, tisane et jardin propose 264 résultats. Cependant, un peu comme dans Google, les résultats les plus pertinents se retrouvent généralement dans les 2 ou 3 premières pages.

Lorsque vous essayez une formule phytothérapeutique, limitez le nombre de nouvelles plantes

Ainsi, si vous aviez une réaction allergique ou des effets secondaires déplaisants, il vous sera plus facile de trouver la plante coupable ou, si les effets sont trop importants, vous n’aurez pas à mettre de côté un trop grand nombre de plantes. Personnellement, j’essaie de limiter chaque formule à 5 plantes. Ce n’est évidemment pas une règle absolue. L’Herbothèque #ref:146# parle d’un maximum entre 3 et 9 plantes. J’ai déjà vu de grands herboristes utiliser jusqu’à 15 plantes dans une formule, mais alors plusieurs étaient simplement nutritives.

Évitez de surcharger une formule avec des plantes aux actions similaires

On peut utiliser deux, parfois trois plantes qui ont une propriété très recherchée pour une problématique; idéalement, ces plantes auront d’autres propriétés qui sont complémentaires ou des principes actifs (des modes opératoires de la propriété) différents. Ceci pour s’assurer de l’effet sur le symptôme dont la cause primaire n’est pas connue.

Il ne faut pas exagérer avec cette stratégie, qui souvent trahit le manque d’expérience. Surcharger une formule la rend habituellement moins efficace, trop complexe pour le métabolisme. De plus, lorsque votre formule complexe fonctionne, vous ne savez pas quel élément de celle-ci fonctionne et vous êtes condamné à utiliser et tenir en inventaire plus de plantes que nécessaire.

Sélectionnez les plantes de votre formule

Maintenant, on a priorisé les propriétés recherchées, on a identifié 264 plantes avec au moins l’une des propriétés recherchées. Je fais un petit tableau avec les premières plantes proposées par tisane et jardin. Ensuite, je donne 2 pts par étoile aux propriétés prioritaires et 1 point par étoile pour les autres.

PropriétésAunée
(Inula helenium L.)
Thym
(Thymus spp.)
Épinette noire
(Picea mariana)
Sureau noir
(Sambucus nigra L.)
Ashwagandha
(Withania somnifera (L.) Dun..)
Échinacée
(Echinacea spp.)
Total points393030281510
Immunostimulant
(x2)
⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐
Antiviral
(x2)
⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐
Anticatarrhal
(x2)
⭐⭐⭐⭐⭐⭐
Mucolytique
(x2)
⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐
Pectoral
(x2)
⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐
Expectorant
(x2)
⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐
Béchique
(x2)
⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐
Adaptogène⭐⭐
Sédatif⭐⭐⭐⭐⭐⭐
Tonique⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐

Je m’assure que les propriétés prioritaires sont bien couvertes. Idéalement, on va chercher souvent 2 plantes et/ou une plante spécialiste. Dans les fiches plantes, les plantes spécialistes d’une propriété ont trois étoiles (⭐⭐⭐).

Dans notre cas, on aurait bien pu ajouter beaucoup de plantes au tableau suivant. Cependant, l’aunée est une grande plante pectorale qui vient tonifier les poumons tout en adoucissant la toux et réduisant le mucus. J’utilise fréquemment la plante et j’ai pleine confiance en elle. Je ne le crois pas nécessaire, mais il aurait été tout aussi bon de doubler ses propriétés avec celles du thym ou de l’épinette noire.

Après l’aunée, j’aimerais renforcir l’aspect immunostimulant et antiviral; je note que les propriétés adaptogène et tonique, bien que non prioritaires, font défaut à l’aunée. À première vue, on aurait pu être tenté de choisir l’astragale, mais on peut lire dans les restrictions de la fiche plante qu’elle n’est pas indiquée pour la phase aiguë d’une maladie. Donc, pour la partie immunostimulante, je choisis l’échinacée, parce que je connais ce redoutable duo aunée et échinacée… et en plus, c’est une antivirale. Je pourrais m’arrêter ici et avoir une formule à deux plantes jusqu’à l’élimination du virus, et revenir dans un deuxième temps pour attaquer les causes de prédisposition afin de prévenir la récurrence du problème.

Cependant, comme j’ai seulement 2 plantes je peux en ajouter une 3e: pourquoi pas l’aschwagandha, une adaptogène, tonique et calmante… notre malade dormira mieux et aura plus de forces pour combattre le virus.

Causes de prédisposition et style de vie

Les causes de prédisposition ont généralement des racines dans le style de vie. Dans notre exemple, si la personne ne fait qu’adapter sa résistance au stress (grâce aux adaptogènes), il y a de fortes chances qu’ une fois remise en santé, celle-ci accepte des charges et du stress supplémentaire et que l’on revienne à la case départ. Les causes de prédisposition demandent généralement des changements au style de vie pour une amélioration à long terme.

Autres critères de sélection

Voici d’autres critères qui influencent mon choix:

  • Allergie ou possibilité d’allergie (si la personne a une allergie à une plante de la même famille, je lui préfère habituellement une autre plante à moins qu’elle ait une bonne expérience de la plante en question). Dans notre exemple, si la personne à qui la formule est destinée est allergique à d’autres astéracées, je changerais mes choix, car l’aunée et l’échinacée appartiennent à cette famille qui parfois pose problème.
  • Disponibilité de la plante (est-ce que j’en ai dans mon jardin, dans ma pharmacie, est-ce que je sais où en acheter?)
  • Préférence personnelle, ou encore celle de la personne qui consommera la plante. Je crois qu’il est bon de favoriser les affinités. J’ai toujours eu l’impression que les médecines que l’on aime prendre sont celles qui fonctionnent le mieux. De même, chaque herboriste finit par avoir des plantes de prédilection. Vous l’aurez deviné, pour moi l’aunée est une incontournable (j’en fais même des bonbons).

Vérifier ma sélection de plantes

Avant de finaliser mon choix de plantes, j’ouvre les fiches plantes de chaque plante sélectionnée:

Plus particulièrement, je regarde :

  • Les systèmes de prédilection
  • Les restrictions, précautions et interactions médicamenteuses
  • Les transformations recommandées

Je réalise que les 3 plantes se prêtent à des décoctions et des concentrés à base d’alcool. Donc, a priori les choix suivants s’offrent à nous: une décoction, un sirop (qui est une forme de décoction), un concentré à base d’alcool (teinture). Ici, c’est vraiment une question de préférence pour la personne qui va utiliser les plantes, et de disponibilité.

Boire une décoction chaude peut faire beaucoup de bien pour réduire le stress, aider au sommeil, soutenir la fièvre et la sueur et ralentir un peu. Par contre, ça prend du temps et cela ne sert à rien si la personne ne prend pas sa décoction avec assiduité.

Donner 3 concentrés liquides dans des bouteilles compte-gouttes ou encore les mélanger à proportion désirée et faire un mélange est certainement ce qui est le plus rapide… à condition d’avoir ces teintures à disposition.

Si on a juste les 3 racines séchées et une personne qui veut une solution rapide, et bien l’option sirop est parfaite.

Combiner les herbes et ajuster les dosages dans votre formule thérapeutique

Exemple de dosage défini dans les fiches plantes de tisane et jardin

Pour connaître les dosages, il suffit encore une fois de consulter les fiches plantes.

J’ai mis à droite l’exemple de l’aunée. L’échinacée et l’ashwagandha ont des instructions similaires.

Dans le cas de la préparation de sirop, on utilise l’information de la décoction et les tables de conversion émises dans l’article « Créer un sirop sur mesure« .

Je choisis comme posologie 2 c. à soupe. Pour la fréquence, je garde la même que la décoction (3 fois par jour) puisque mon sirop aura un nombre similaire de principes actifs que la décoction).

Comme les fiches plantes indiquent 4g/tasse pour l’échinacée et l’aunée et 2g/tasse pour l’aschwaganda, je choisis un facteur de réduction de 5 qui est dans la zone verte pour toutes mes plantes.

concentration sirop avec sucre
Table de calcul de la quantité de plante pour un sirop sucré avec une proportion 1,8 : 1
Voir l’article : Créez un sirop sur mesure pour les instructions complètes

Toujours basé sur la table ci-haut, je connais les quantités nécessaires pour mon sirop.

  • 3 litres d’eau
  • 75g d’échinacée
  • 75g d’aunée
  • 37g d’ashwagandha
  • 1,08 litre de miel ou de sucre, à ajouter après que la décoction ait réduit son volume par 5 et que les racines aient été filtrées – 3 litres / 5 (facteur de réduction) X 1,8 (concentration requise pour un sirop « tablette »)

Ne reste plus qu’à aseptiser la bouteille de sirop et à bien l’étiqueter avec tous les ingrédients et la posologie.

Note: comme le sirop est fabriqué pour usage immédiat, il n’est pas nécessaire qu’il se conserve longtemps à température ambiante. On pourrait réduire la quantité de sucre et le conserver au réfrigérateur. Voir l’article sur la fabrication de sirop pour plus de détails.

Florie prenez soin de vous

Commencez toujours l’utilisation de nouvelles plantes à faible dosage

Chaque être humain est différent, ne tenez pas pour acquis que vous réagirez comme la majorité des usagers à une plante. Commencez à faible dosage, écoutez-vous, et si la réaction est positive ou absente, augmentez progressivement au dosage recommandé.

Dans notre cas, on pourrait par exemple commencer par 1 c. à soupe, 3 fois par jour pour les 2 ou 3 premiers jours. Ne reprendre une deuxième dose que s’il n’y a pas d’effets secondaires aggravants. Et si après 2 jours (6 doses) il n’y a pas de signes d’allergie ou d’effets secondaires aggravants, passer à 2 c. à soupe, 3 fois par jour.

Pour les traitements à long terme, prévoyez des pauses

Si le traitement dure plus de 3 semaines, prévoyez des pauses. Généralement, on parle d’un jour par semaine, une semaine par mois et un mois par année. Bien entendu, il y a des plantes où les indications sont plus précises, et d’autres où le traitement à long terme est simplement proscrit (souvent à cause d’une faible toxicité qui peut s’accumuler).

Livres d’inspiration pour cet article

Principles and Practice of Phytotherapy – Modern Herbal Medicine#ref:145#.

Principles and Practice of Phytotherapy – Modern Herbal Medicine

Ce grand livre, malheureusement seulement en anglais et assez technique, est un livre pilier de l’herboristerie. Avec leur approche pratique basée sur la science, les auteurs explorent avec nous les grandes familles des principes actifs, les principes des traitements à partir des herbes, les dosages, les adaptations aux patients, et présentent plusieurs monographies, etc. L’inspiration de la méthodologie proposée vient de cet ouvrage (chapitre 7).

Livres qui proposent des plantes par propriétés

Si vous préférez des livres papier aux outils technologiques, voici quelques ouvrages qui vous seront utiles.

LivresPlantes par propriétésPropriétés par problématiquesPlantes par problématiques
Medical Herbalism - The Science and Practice of Herbal Medicine #ref:44#Médical Herbalism par David Hoffmann
Le guide de la phytothérapie au quotidien #ref:20#
✔ (parfois)
Plantes médicinales indigènes #ref:113#
Traité pratique de phytothérapie #ref:25#
Botanical Medicine for Women's Health #ref:122#
Aviva Romm (MD)
La phytothérapie - se soigner par les plantes #ref:9#

Avertissement

En cas de troubles importants ou de maladies chroniques, consultez un médecin.

Il est dangereux de faire son propre diagnostic et de pratiquer l’automédication.

Sauf indication spécifique, les usages décrits sont pour les plantes et ne sont pas applicables aux huiles essentielles.

Avant de consommer une plante: s’assurer de bien l’identifier et toujours lire la notice « Précautions et interactions avec les médicaments » dans les fiches plantes associées.

Les posologies sont données à titre indicatif et sauf précision contraire elles sont adaptées à l’adulte.

Malgré tout le soin apporté à la rédaction de l’article, une erreur aurait pu s’y glisser. Nous ne saurions être tenus responsables de ses conséquences ou d’une interprétation erronée, car, rappelons-le, aucun article ne peut remplacer l’avis du médecin. Pour plus d’informations sur l’utilisation sécuritaire des plantes, lire: Utilisation sécuritaire des végétaux comme alliés de votre santé.

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